Overblog Tous les blogs Top blogs Associations & ONG
Editer la page Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

 

 

Verbatim : « Nous avons tous été profondément  marqués

Par notre séjour à Quintin…….. »

 

Au cours de chacune de nos précédentes rencontres de nombreux témoignages ont été apportés. J’ai pris des notes. J’ai aussi reçu des textes qui m’ont été transmis par beaucoup d’entre vous. J’ai sélectionné, pour réaliser ce  verbatim, des expressions qui m’ont semblé significatives

- du plaisir à se retrouver,

- du jugement porté -un demi-siècle après- sur l’éducation que nous avons reçue,

- des souvenirs de cette tranche de notre vie d’enfants et d’adolescents.

 J’ai indiqué, après chaque témoignage, le nom de son auteur  (en bleu). Les titres (en rouge) sont de ma plume.

Vous pouvez, bien entendu, réagir à ce verbatim et apporter votre contribution à ces témoignages.                                            

   Jean-Claude Murgalé.

 

 

 

« ….vous êtes restés dans mon cœur. Tous vos noms sur la liste me disaient quelque chose ! »

 

 

Chers Amis, nous a écrit l’abbé Jacques Leroux au lendemain de notre dernière journée de rencontre à Quintin le 8 avril 2011/

 « Je reviens de cette journée et je veux vous remercier pour votre initiative d'avoir créé cette association et organisé cette première journée qui, je pense, a satisfait tous les participants.

Je me suis permis de photocopier la liste de présence et ce matin j'ai pointé ceux avec qui j'ai conversé ! Hélas, je m'aperçois que j'ai "raté" plusieurs anciens et j'en suis  désolé...c'est donc partie remise pour dans deux ans !

Je retiens aussi cette constatation : de l'importance des "petits riens" qui marquent, surtout quand deux générations se côtoient. Une réflexion, une erreur d'éducation, une souffrance, un manque, une punition mais aussi un encouragement, une estime, une responsabilité ...s'enracinent pour longtemps, sinon pour toujours chez un jeune. Son regard est différent de celui de l'adulte. Ses yeux voient plus grand un paysage, on le sait,, mais ces "petits riens" de la même façon deviennent importants à l'intérieur de soi. J'en ai fait, une nouvelle fois, l'expérience hier…...

1955 et après...vous étiez nouveaux, mais moi aussi, je débutais dans "l'éducation". Il y a donc eu des "tâtonnements".  pour dire les choses d'une façon aimable !  Vous étiez ma première expérience; c'est pour cela que je puis vous dire que vous êtes restés dans mon cœur. Tous vos noms sur la liste me disaient quelque chose !

Bien amicalement, » 

 

(Jacques le Roux )



 

 

 

« J’aurais voulu retrouver les petits bonshommes que vous étiez…. »

 

Retenu au moment de nous rejoindre à la journée-rencontre de Quintin le 8 avril 2001, l’abbé Pierre Conan a confié à Michel Leguen qui était allé le chercher à Hillion, le message suivant :

« Il m’en coute de ne pas être avec vous pour cette journée de joyeuses retrouvailles. J’aurais aimé

-revoir ces bâtiments que j’ai vu construire et qui ont abrité plus du quart de ma vie,

-rencontrer des confrères avec qui j’ai vécu des jours heureux,

-…..et surtout retrouver  les petits bonshommes , que j’ai connus, entendre les parcours des uns et des autres, vous entendre dire, de vive voix, que vous avez oublié mon trop de zèle pour une langue morte qui a quand même pu vous apporter quelque joie dans vos carrières !

J’aurais aimé aussi évoquer les bons moments que nous avons vécus ensemble…..il y en eut ! Les promenades à Robien, au bois de la Perche, aux Chaos du Gouët, etc…..Les Pyrénnées : le pont d’Espagne, Lourdes…Les Cœurs Vaillants,…et « Picsou, fils de son père »…..

J’aurais voulu être là, pour féliciter ceux qui sont à l’origine de cette journée, ceux qui l’ont organisée. Je les encourage à persévérer ! Je serai des vôtres !

Je vous souhaite une excellente journée.

Et je vous redis la joie qui fut la mienne de travailler avec vous, voilà quelques dizaines d’années

(Abbé Pierre Conan)

 

« On se prend à rêver d’une éducation telle que la nôtre ! »

 

 Petit message personnel en forme de conclusion (aux copains, aux profs…) sous forme de texte libre.

« Je vois que notre séjour à Quintin nous a tous marqués, sinon nous ne chercherions pas à nous rencontrer. Je mesure, à sa juste valeur, ce que j’ai reçu là-bas, mais je ne souhaite à personne de connaître le même sort. Toutefois, quand on voit où notre société est arrivée, on se reprend à rêver d’une éducation telle que la nôtre. »

Quels souvenirs forts gardez-vous de votre enfance à Quintin ?

en positif : « l’idée que j’ai reçu un excellent enseignement et une culture que je mesure pleinement, grâce au dévouement des professeurs. »

en négatif : « l’enfermement ne m’a pas préparé aux réalités de la vie ; il n’y avait pas plusieurs choix, mais un seul. »

 (Gérard Rigollet)

 

« cela nous a développé un sain esprit critique et la nostalgie n'est plus de mise… »

 Ce qui m'a marqué : le Supérieur, qui incarnait bien l'esprit de l'époque (cf  les choristes par ex) et qui sous ses aspects rudes, voire rétro, a marqué de son empreinte en diffusant des valeurs que notre époque dit avoir perdues. En fait elles ne sont pas perdues, elles s'expriment autrement.

Et puis on n'en est pas morts, cela nous a développé un sain esprit critique et la nostalgie n'est plus de mise

Beaucoup de nos profs étaient des vrais éducateurs de l'humain et de la foi, de l'ouverture au monde (je pense à Joseph Ruello et ses « conférences » missionnaires sur la Chine,, l'Afrique et sur les Inuits, entre autres, tout cela en dehors des cours réglementaires.)

Faut-il citer les travaux de jardinage le jeudi et le goûter qui suivait, les balades sur les collines de Lanfains, enneigées ou non, les messes en paroisse le dimanche et les bons repas qui suivaient au presbytère, les gels dans les dortoirs

 Le métier que j'ai exercé (infirmier) n'est sans doute pas étranger à ce que Quintin a pu m'apporter.

 Parfois je me demande qu'est-ce qui peut donner l'envie, non pas de se retrouver 50 ans après, ("çà peut être marrant") mais de vouloir continuer à entretenir des liens alors que nos parcours ont été différents et la coupure vraiment nette et extrêmement longue. (je dis celà alors que je retrouve quelques  anciens quintinais, mais pas seulement depuis 35 ans maintenant...)

Je sais qu'il est toujours enrichissant de rencontrer d'anciens collègues d'études mais à condition de ne pas entretenir un esprit de nostalgie ou d'ancien combattant, même si les Anciens combattants ont des raisons nobles de se retrouver. 

J'ai beaucoup apprécié les retrouvailles à Quintin, mais pas du tout la messe en latin que nous avons mal chantée et qui pouvait apparaître, pour le non pratiquant habituel que je suis devenu, comme réactionnaire, dans l'esprit rétrograde que connait l'Eglise depuis quelque temps.

Cette "critique" amicale et ciblée n'enlève rien au mérite de celui ou ceux qui ont mis sur pied les rencontres, car je pense qu'il est toujours enrichissant de se retrouver, çà pose des jalons et çà re-crée des liens, qui peuvent durer

(Serge Marqué)

 

« Des professeurs de qualité m’ont donné le goût de la littérature…. »

 Quels souvenirs forts gardez-vous de votre enfance à Quintin ?

-en positif: "Quelques solides copains comme Georges et Loïc et d’autres. Quelques professeurs de grande qualité. (Ruello, chouin...) qui m’ont donné l’amour de la littérature et de l’humanisme et un surveillant, grand frère : Douzamy..............

Les lectures en public qui aidaient dans la confiance en soi.

Un camp d’été à Landevennec en fin de 4ème avec l’abbé Ruello 

-en négatif: "En 6 ème, l’horreur. (Je n’éxagère pas). L’abbé Connan me terrorisait au point de me paralyser devant le travail

Et les soirées dans la cour sous les projecteurs...

La coupure avec la famille a été terrible pour moi.

Et puis tant de monde autour de moi... en permanence... J’avais besoin de moments de solitude. INTERDIT !

En 5ème, je me suis un peu apaisé, en 4 ème j’ai chahuté et j’ai redoublé  avec l’abbé Ruello. Un bonheur.!

2ème et 1ère : la révolte.

Discipline absurde à mes yeux, flicage permanent par le préfet de discipline de mon époque.

(Joseph Brouard)

 

 

« Ceux qui se posent encore la question des filles ne sont pas faits pour être prêtres…. »

 

Quand avez-vous choisi de quitter le petit séminaire, et comment cette décision a-telle mûri ?

Habitant une station balnéaire, l’été, la troupe de copains-copines s’agrandissait, avec les estivants. En classe de 2de, dans les temps d’entretien que le père Thomas faisait devant toute la classe, revenait souvent la question  « comment être avec les filles ? Les fréquenter ou non ? Droit ou pas droit ?… » Un soir il a finalement été catégorique : ceux qui se posent encore la question, c’est clair, ils se la poseront toujours, ils ne sont pas faits pour être prêtres. Pour moi, la question était tranchée ce soir-là. J’étais content de cette clarification.

Avez-vous le souvenir d’avoir été aidés à vous ré-orienter dans les études ou la vie ?

 Méthode grecque : « démerdzi séautôn ». Mais, dans la suite des études secondaires, je me suis rendu compte de tout ce que j’avais appris à Quintin.

(Alain Sonneck)

 

« Des règles de vie en vacances incompréhensibles pour un petit paysan….. »

 

Vous souvenez-vous de difficultés particulières à surmonter ?

« Oui, cela a été très difficile de franchir le pas pour annoncer ma décision de sortir des rails. Surtout à ma famille. Je savais que cela leur ferait beaucoup de peine et provoquerait beaucoup de déception chez ma mère. Cela s’est révélé exact. Mes parents avaient milité à la JAC (Jeunesse Agricole Chrétienne) qui, pour tous les deux, avait été une exceptionnelle école de formation d’adultes. Et « donner » un prêtre à l’église était pour mes parents, une sorte de manière de rendre ce qu’ils avaient reçu ».

Quels souvenirs forts gardez-vous de votre enfance à Quintin ?

-en positif : « La possibilité de faire des études, la rencontre avec des maîtres exceptionnels comme l’abbé Joseph Ruello qui était mon directeur de conscience…, les sorties dans les bois de La Perche, les matches de foot sur le grand terrain de la vallée du Gouet… où on allait acheter des crêpes en cachette, les sorties en vélo le dimanche matin pour aller chanter la messe dans les paroisses des environs, la visite aux personnes âgées le jeudi après-midi.

-en négatif: « La pression morale et psychologique du contrôle du courrier, de la vérification des billets de confession… les règles incompréhensibles pour un petit paysan comme l’interdiction de participer aux battages pendant les vacances d’été… »

(JC Murgale)

Partager cette page
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :