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Michel Joyeux de Loudéac

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Michel  Joyeux a répondu à l'appel à témoignage sur son passage au Petit Séminaire de Quintin.

Date d’entrée à Quintin et classe fréquentée ?

Septembre 1955 en 6°, avec un an de retard dû à une grosse pneumonie. Je suis né le  17 mars 1943, à Loudéac. Nous étions un groupe important de Loudéaciens, ce qui montre l’efficacité de rabattage des prêtres de la paroisse ! Le soir de la rentrée tous les  «habitants » de 5° du grand dortoir, sont venus voir le petit nouveau, arrivant avec un an de retard !

 Dans quelles circonstances avez-vous été conduit à entrer au Petit Séminaire de Quintin ?

Efficacité du travail de recrutement des prêtres de la paroisse qui avaient fait miroiter à mes parents la possibilité de faire des études secondaires.

Scolarité à Quintin ( combien d’années passées ?)

De l’entrée en 6° en 1955 à la fin de la 1ère en 196, soit 6 années.

Quand avez-vous choisi de quitter le petit séminaire, et comment cette décision a-telle muri ?

J’ai jeté l’éponge en 1961, à la fin de la 1ère, car j’avais beaucoup de mal à supporter certaines contraintes : la discipline, les études obligatoires et studieuses (pas les études libres du dimanche moins nombreuses !), les mauvaises notes permanentes en conduite ou discipline même quand je faisais l’effort d’être « sage », la messe tous les matins avec le lever tôt, l’eau froide du matin aux lavabos. Le sentiment de ras le bol, voire de révolte, a germé petit à petit …

Comment vous y êtes vous pris ?

J’ai improvisé, sans prévenir beaucoup de personnes – peut-être le Supérieur – pas mes parents qui l’ont appris par la « bande », et je me rappelle d’avoir croisé le Père Chouin en allant à la distribution des prix dans la salle des fêtes et je lui ai dit que je jetais l’éponge. (je venais en plus de connaître mes notes au bac – 1ère partie – et j’avais été nul !)

Où êtes-vous allés après et qu’avez-vous fait ?

Je n’ai pas eu le choix : ma Mère qui tirait financièrement le diable par la queue avec encore trois frères en âge scolaire qui avaient de bien meilleurs résultats scolaires que moi, m’a d’autorité engagé sur la voie du travail.

Je suis entré comme Téléphoniste de nuit à la Poste de Loudéac, et quelques mois après, en raison de ma belle écriture, « Scribouillard » à l’Etat-Civil de la Mairie de Loudéac.

Puis ce fut le service militaire à Verdun et en Algérie pendant 16 mois.

J’ai repris contact avec le travail dans une Banque et enchaîné différentes responsabilités chez Armor, Waterman, Heuga, en faisant quelques stages à l’Assedic.

  Avez-vous le souvenir d’avoir été aidés à vous ré-orienter dans les études ou la vie ?

J’aurais bien aimé continuer mes études mais je n’ai pas eu le choix.

Vous souvenez-vous de difficultés particulières à surmonter ?

Rien à particulier, sauf dans le domaine des langues : je dis souvent que je parle couramment le latin et le grec comme l’anglais! Avec le Père Richeux, défense absolue de parler en classe .Nous faisions surtout des thèmes ou versions en anglais comme en latin ou en grec.

Quels souvenirs forts gardez-vous de votre enfance à Quintin ?

Je conserve en mémoire surtout les bons souvenirs : la camaraderie de classe, les balades et jeux dans les bois des environs, les parties de foot acharnées sur le plateau, la découverte des sciences naturelles avec le Père Martin – un type formidable qui aurait pu nous parler de son activité de Résistant pendant la guerre – les leçons de chimie avec le Chanoine Le Fell – c’était un bon moment mais ses expériences rataient souvent et il se brûlait – le ciné-club où nous allions trop peu souvent.

Comme au service militaire, j’ai gardé un mauvais souvenir de quelques juteux crétins – j’ai eu un Capitaine sensationnel qui jouait au ping-pong avec moi tous les jours en Algérie – j’ai un mauvais souvenir des «surveillants » : L'un d'eux me fit descendre en étude pendant la nuit pour apprendre une fable de La Fontaine car j’avais un grillon au dortoir qui s’était mis à chanter, un autre pour ses mauvaises notes permanentes même quand je ne chahutais pas, un troisième pour la sévérité de ses interventions et la rudesse de sa main droite sur ma joue. Mais je leur pardonne … J’ai beaucoup regretté ultérieurement le manque d’ouverture sur les événements récents et en cours – on ne nous a jamais parlé des camps de concentration ou la guerre d’Algérie en cours.

Pas un seul mot sur la sexualité … c’était tabou et la punition tombait drue si le sujet était abordé en cachette.

Votre passage à Quintin a-t-il  fortement marqué

-votre vie personnelle Ce séjour a formaté ma façon de penser,, d’agir et de réagir . J’ai conservé une «morale » de tous les jours , même si j’ai abandonné toute croyance au diable ou à Dieu. Ce sont surtout toutes les formes d’injustice qui me font réagir.

-votre vie professionnelle ? Hélas mon anglais m’a toujours fait ramer dans la falaise, par contre ma belle écriture – toute modestie mise à part – m’a donné parfois un coup de pouce. Le goût pour la lecture et la « rédaction » me sont bien restés.

Votre situation familiale (combien d’enfants et de petits enfants ?)

Marié depuis plus de 40 ans – une fille née en 1968 juste après la révolution de Mai 1968 qui m’a fait découvrir la dure réalité de la vie des ouvriers dans un quartier chaud de Chantenay à Nantes (construction navale er raffinerie) – deux chiens et de nombreux animaux.

 Vos projets de retraite (engagements militants etc….)

Retraite bien méritée après 46 années de travail. Pas d’engagement particulier, je profite de ma retraite après avoir été bénévole pendant quelques 30 années dans le milieu du basket (arbitrage haut niveau et présidence d’un club) Le plaisir de retrouver quelques bons camarades de la 5°St Guillaume et d’autres encore. 


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